N°91 : LE SABOTAGE FERROVIAIRE DU 1ER MAI 1944
- La Nouvelle Morcenx
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À cette date, alors que la France est toujours sous occupation allemande, la Résistance locale mène une action de sabotage audacieuse sur les infrastructures ferroviaires de la commune. Morcenx était à l'époque un nœud ferroviaire stratégique, point de passage crucial pour les troupes et le matériel de l'occupant entre Bordeaux et l'Espagne ou les Pyrénées. Morcenx n'était pas un simple village, mais une « cité cheminote ». Saboter ses voies revenait donc à paralyser une artère vitale pour l'armée allemande. Cette action s'inscrivait dans le cadre du "Plan Vert", visant à désorganiser les transports ferroviaires avant le débarquement de Normandie (qui aura lieu un mois plus tard). Réaliser une telle opération un 1er mai, jour de la fête du Travail (qui avait été renommée par le régime de Vichy "Fête du Travail et de la Concorde sociale" pour tenter de s'approprier la date), était un acte de défi symbolique fort contre l'occupant et la collaboration.
Ces actes de sabotage ont entraîné des déraillements et des ralentissements majeurs dans la circulation des trains de marchandises et de soldats allemands. En réponse, la répression fut souvent brutale dans la région, mais ces actions ont permis de prouver l'efficacité des réseaux de résistance landais à l'approche de la Libération. Pour le secteur de Morcenx, l'action du 1er mai 1944 et les sabotages environnants sont principalement l'œuvre de deux structures majeures qui collaboraient souvent sur le terrain : le Groupe de Résistance de Morcenx rattaché à l’Armée Secrète (SA), centrée sur les cheminots. Il s'agissait d'ouvriers du dépôt, de mécaniciens et d'aiguilleurs. Leur avantage était leur accès légal aux installations ferroviaires, leur permettant de repérer les points faibles (aiguillages, pompes à eau, grues de chargement) sans éveiller immédiatement les soupçons. Ils ont fourni les renseignements cruciaux pour le sabotage du 1er mai. Ils pratiquaient également le "sabotage par omission" (mauvais graissage, boulons desserrés) avant de passer à l'usage d'explosifs fournis par les parachutages alliés. Les Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) étaient particulièrement actifs et mobiles dans le triangle Morcenx-Dax-Mont-de-Marsan. Contrairement aux cheminots sédentaires, les groupes FTP menaient des actions de type "commando". Ils arrivaient par les bois, posaient les charges plastiques et disparaissaient dans la forêt landaise. C’est sous l'impulsion des FTP que les appels à la grève et aux sabotages ont été les plus virulents pour cette date symbolique du 1er mai, afin de transformer une fête sociale en acte de combat.
Les Allemands savaient que Morcenx était un nid de résistants à cause de sa population ouvrière. Après les sabotages de mai 1944, la répression s'est accentuée avec des patrouilles renforcées le long des voies, des prises d'otages ou menaces directes sur les cadres de la SNCF locale. Plusieurs cheminots de Morcenx ont été déportés ou fusillés pour ces actes de sabotage dans les mois qui ont suivi (notamment vers le camp de Souge en Gironde).
Voici les noms et les parcours des figures locales liées à la Résistance et à la "Guerre des rails" dans le secteur de Morcenx. Comme Morcenx était avant tout une cité cheminote, la plupart des résistants identifiés appartenaient aux Groupes de Résistance de la SNCF.
Plusieurs résistants locaux ont été décorés de la Médaille de la Résistance ou reconnus pour leurs actes de sabotage sur cet axe stratégique : Jean-Marie Lapeyre (une figure centrale de la résistance cheminote à Morcenx. Très actif dans l'organisation des sabotages de 1944), Marcel Mano : (cheminot de Morcenx, il est une figure tragique de cette lutte. Arrêté pour ses activités de résistance, il meurt en déportation). Suite aux sabotages du printemps 1944 (dont celui du 1er mai), la répression nazie a frappé les cheminots de la commune. Voici des noms de Morcenais dont le sacrifice est lié à ces réseaux Jean-André Soussotte (déporté résistant, il était impliqué dans les réseaux de renseignement ferroviaire), Robert Arpajou (autre nom cité dans les archives des cheminots victimes de la répression dans les Landes).





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