N°89 : LESPERON : UNE EMBARDÉE DANS LE TEMPS
- La Nouvelle Morcenx
- 28 déc. 2025
- 3 min de lecture

A la découverte des communes du Pays morcenais.
Le village devrait son nom à un éperon royal mais les légendes divergent à ce sujet.
Première version : le cheval de Louis XI ou Louis XII de passage aurait fait une embardée, le cavalier perdant un éperon.
Seconde version : Henri IV, roi de Navarre, ayant entendu parlé du château et qui séjournait dans un logis de chasse lors de son voyage vers Pau en passant par Orthez, au cours d’une chasse, aurait égaré son éperon au talon droit, demandant à son entourage de partir à la recherche du précieux accessoire. A ce jour, il n’a jamais été retrouvé. Lieu de passage de chasseurs, brigands et pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, l'endroit fut maintes fois pointé du doigt comme le village de l’éperon, d'où le nom de Lesperon.
Plus raisonnablement, on peut considérer que l’origine toponymique du nom provient de la forme en relief, du germanique sporo (promontoire). Lesperon est bâtie sur une éminence protégée par le ruisseau, le Vignacq. Le nom primitif était Araast, de arx, citadelle, endroit fortifié.
Au Moyen âge, existait l’église « Sanctus Petrus de Arrast », aujourd’hui disparue.
La première mention de Lesperon date du 6 avril 1273 : « Arnoldus de Lesperon de parrochia, in Borno », reconnaît devoir certaines redevances au roi Édouard d’Angleterre. Vers 1305, Amanieu d’Albret acheta la paroisse de Lesperon et fit construire un château qui devint un repaire où l’on rançonnait les passants et les pèlerins. Il en reste les toponymes « Tire-veste », « Tire-culotte ».
En 1326, Édouard II signalait au sénéchal de Gascogne, Olivier de Ingham, le château dont les hôtes dressaient des embuscades aux passants et les maltraitaient. Le roi ne désigne pas d'une façon particulière les pèlerins de Saint-Jacques ; mais il est à croire que ces pieuses caravanes fournissaient des victimes au châtelain du seigneur gascon. Il faut savoir que Lesperon était un embranchement important sur un itinéraire vers Saint Jacques de Compostelle et une halte d’où l’on peut continuer « soit par la Navarre et Roncevaux, soit par la Biscaye ». C’est aujourd’hui le lieu-dit « Navarre ». L’église Saint-Pierre, harmonieuse et plaisante, inscrite à l’inventaire des Bâtiments de France, est attribuée au 14ème siècle. Elle est dotée d’une imposante tour-clocher fortifiée, munie de bretèches, armée de meurtrières et percée de mâchicoulis. Autour de l’église, il y aurait eu autrefois quatre colonnes qui seraient des vestiges d’une sauveté. La fontaine naturelle Saint-Jean, située à côté du Moulin de Carremonge, est toujours fréquentée.
Aujourd’hui, Lesperon accueille encore les Pèlerins de Compostelle, une fresque en mosaïque dédiée est installée en face de l’église.
Le village est également fréquenté pour sa « maison de la gemme » inaugurée en octobre 2016. Cet espace d’exposition et de musée vivant présente cette activité économique qui a structuré la vie et le lien social de la commune et d’une grande partie du territoire landais. Les visiteurs peuvent découvrir le sentier du résinier et surtout la pratique du gemmage. Le musée présente aussi les luttes sociales des résiniers (la première révolte et la première grève de cette profession ont eu lieu à Lesperon en 1906), le déclin de l’activité et son espoir de renaissance. Pour visiter ce musée original, dirigé par des bénévoles, l’idéal est de s’adresser à la mairie.
Lesperon est aussi une destination éco touristique avec des chemins de randonnée pédestres, de VTT (22km qui relie le village au littoral), un arboretum, une bambouseraie… et pour la halte de midi, une bonne auberge !





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