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N°88 : OUSSE-SUZAN : UN PATRIMOINE REMARQUABLE

A la découverte des communes du Pays morcenais.


Ousse-Suzan est née en 1848 par la fusion des deux communes qui composent actuellement son nom. Elle demeure encore aujourd’hui le petit poucet de la communauté des communes avec ses 285 habitants mais une visite s’impose à ceux qui veulent vivre une plongée dans le patrimoine local notamment ecclésiastique et profiter d’espaces naturels de grande beauté. La commune est célèbre pour sa foire annuelle de la Saint-Michel organisée le 29 septembre et qui attire des milliers de visiteurs et environ 500 exposants. Cette foire se tient traditionnellement autour de la chapelle romane édifiée au 12ème siècle sur un airial de 6 hectares. Elle est aussi appelée « assemblade » et correspond à la fête patronale locale.

« Depuis des temps immémoriaux, domestiques, valets de ferme et nourrices s’y rendaient pour trouver un maître, tandis que les bergers renouvelaient leurs sonnailles et esquirres. Cet événement perpétue les traditions locales et renforce le tissu social du village ». L’événement permettait d’échanger des marchandises (transactions économiques autour du bétail notamment), des informations, de la main-d’oeuvre, des renseignements pratiques où la santé occupait une large place, le renouvellement des contrats de métayage ou la location de domestiques et ouvriers.

Les habitants des environs et notamment de la Haute-Landes venaient en charrette ou char (kas ou bros) et se retrouvaient à Suzan pour le culte de Saint-Michel. A l’issue de la cérémonie religieuse, les gascons se baignaient dans les fontaines pour soigner leur maux de tête ou rhumatismes. Aujourd’hui cette journée est en fait une grande braderie à ciel ouvert que les landais parcourent pour le plaisir de passer un bon moment festif. La foire de Ousse-Suzan est reconnue patrimoine culturel immatériel de la France (label crée en 2008).


Avant de découvrir la richesse du patrimoine local, retour sur l’origine du bourg… Ousse est un hydronyme pré-latin, du nom du cours d’eau qui la traverse (As-Suzan, As du Haut, ou du Sud), Des indices du Néolithique final (haches polies), ainsi que de la céramique à décors de cordons et pastillages du Bronze moyen ont été trouvés, ainsi que des vestiges d’activité métallurgique bronzière (moule, nodules).

Au Moyen-Age, Ousse faisait partie de la jurade de Villenave tandis que Suzan était rattachée à celle d’Igos (Brassenx). Une motte fortifiée, à Agès, était le siège d’une petite seigneurie.


Parmi les balades à effectuer, on ne peut que conseiller une visite des trois fontaines à vocation curatives consacrées : Saint Jean-Baptiste, Saint-Girons et Sainte-Rose. A en croire les offrandes trouvées sur place, ces fontaines possèdent le pouvoir de guérir. Elles constituent le témoignage « d’un milieu vivant et humain » d’après le site du Département qui précise par ailleurs qu’il faut découvrir  « ces lieux empreints de croyances, habités d'ambiances et de légendes. A travers la forêt, les sentiers mèneront les promeneurs de la fontaine Saint-Jean au dôme de pierres, à celle de Saint-Girons perdue un peu plus loin dans la bruyère, jusqu'à Saint-Jacques où l'eau cascade joyeusement et où l'on vient se désaltérer ».

Il est à noter que Suzan était probablement située sur une voie secondaire du pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Enfin, il existait plusieurs moulins situés sur le Bez et le Suzan : « le moulin de Suzan est affermé par Jean de Serres conseiller en 1657 », le moulin de Cassouat, celui de Parantiz.


Le village possède deux églises remarquables.


A Ousse, vous pouvez découvrir l’église Saint-Blaise. La construction de l'édifice débute à la fin du 12ième siècle. De cette période subsiste le chevet, de style roman, exhaussé quelques temps plus tard puis fortifié. L'édifice présente une nef couverte en berceau brisé, prolongée par une abside semi-circulaire voûtée en cul de four et flanquée d'une sacristie au sud. La nef est doublée d'un collatéral au sud, couvert en arêtes et ouvrant sur la nef par deux arcades brisées. Le chevet en pierre de taille est exhaussé, comme le prouvent les différents appareils qui le composent. La façade ouest présente un clocher-mur, étayé d'un contrefort et précédé d'un porche ouvert en maçonnerie et poteaux de bois. 

Il est presque impossible de dater précisément la nef en l'absence d'éléments caractérisés. Le clocher-mur qui porte la trace à mi-hauteur de l'ancien pignon, fut certainement exhaussé au 18 ou 19ème siècle. Le bas-côté sud et la sacristie sont quant à eux ajoutés dans la seconde moitié du 19ème siècle. L'église a conservé quelques éléments de son mobilier ante-révolutionnaire, notamment une belle chaire à prêcher du début du 18e siècle, au décor inspiré de Ciro Ferri, trois fauteuils de célébrant de la même époque et peut-être un bénitier godronné, difficilement datable. Le maître-autel et ses statues d'anges adorateurs ont sans doute été acquis peu de temps après le rétablissement du culte si l'on en juge par leur style, encore très marqué par celui de la fin de l'Ancien Régime (les statues évoquent les créations des sculpteurs Mazzetti). Le reste du mobilier (autel de la Vierge, fonts baptismaux, confessionnal) ainsi que la totalité des objets cultuels ne remontent qu'à la fin du 19e siècle. Cet ensemble est complété en 1905 par les verrières géométriques du Bordelais G.-P. Dagrant.

 

A Suzan, l’ancienne église paroissiale devenue succursale de l'église d'Ousse à la Révolution, la chapelle Saint-Michel (nommée "Sanctus Johannes de As Susan" dans le Liber rubeus -cartulaire de la cathédrale de Dax-), considérée comme l’une des plus belles des Landes, s’élève dans une clairière de la forêt, à proximité des fontaines. Elle est dédiée à Saint-Jean-Baptiste. L’église, composée d'une nef unique d'origine romane comprise entre un clocher-mur et un choeur polygonal du 13ème siècle, fut augmentée au 14ème siècle d'un vaste porche semi-circulaire fortifié (meurtrières), beaucoup plus large que la nef, surmonté d'un clocher-mur triangulaire, percé d'une baie en plein cintre, puis d'un avant-porche en 1742 (date portée sur le claveau de la porte). La nef unique, de deux travées, est aujourd'hui couverte d'un plafond lambrissé qui a dû remplacer une voûte initiale, comme l'indique la forte épaisseur des murs-gouttereaux ; après le probable effondrement de cette voûte, les parties hautes endommagées du mur sud furent reconstruites avec une moindre épaisseur, ce qui explique le décrochement visible à l'intérieur, à une hauteur de 3 mètres environ. La nef ouvre par l'intermédiaire d'un arc triomphal en tiers-point sur un choeur à 3 pans voûté d'ogives, flanqué d'une sacristie au sud. Le porche est relié au chemin d'Ygos à Suzan par une longue galerie couverte formant avant-porche (18ème siècle), dont le toit à longs pans est soutenu par des piliers maçonnés carrés et des poteaux de bois.

De très belles peintures murales du 16ème siècle dans le choeur ont été mises à jour représentant la vie du Christ et du Précurseur. L’église est notamment caractérisée par un clocher inédit sur le toit. Elle a été classée aux Monuments historiques par arrêté du 27 décembre 1996.

Sur le le site internet de la mairie, on peut lire (ce qui est particulièrement juste !) : « En résumé, Ousse-Suzan est un village paisible et accueillant, idéal pour ceux qui recherchent une vie au contact de la nature tout en appréciant les traditions et la convivialité de la vie rurale dans les Landes. Son riche patrimoine historique, ses paysages enchanteurs et sa communauté active en font un lieu unique où il fait bon vivre ».

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