N°66 : LA SCULPTURE PÉRENNE QUI FUT ÉPHÉMÈRE
- La Nouvelle Morcenx
- 20 juil. 2025
- 2 min de lecture

Il existe des curiosités disparues qui méritent de perdurer dans la mémoire patrimoniale morcenaise. Les Orgues des Landes sont de celles-ci. On peut toujours visiter leur ancien lieu d’implantation, imaginer ce qu’elles furent pendant un septennat à travers notamment les nombreuses photos prises !
« On ne jouera plus sur les Orgues des Landes » titre Sud-Ouest en ce mois de septembre 2023. Sept ans après son installation, cette oeuvre monumentale de Séverine Hubard, positionnée sur près d’un hectare de terrain en surplomb du lac, disparait du paysage arjuzanais sous le coup des pelles mécaniques. La raison de ce démontage est liée à la détérioration rapide de la matière en bois non traité de l’oeuvre.
Pourtant, malgré plusieurs interventions de restauration, et contre toute attente, les orgues devenaient même dangereuses car cet assemblage massif de troncs de pins utilisant 120 tonnes de bois, avait la particularité de permettre un cheminement des visiteurs sur les bois eux-mêmes (chaque tronc, issu du bois de tempête, faisait entre 30 et 60 centimètres de diamètre, ce qui a représenté 4 semi remorques à transporter sur le site !). Ultime utilisation, le bois déchiqueté est devenu combustible de chaudières pour 5 collèges landais (4 tonnes).
Séverine Hubard (aidée de volontaires d’écoles des beaux arts) a crée littéralement une construction merveilleuse au cœur du site paysagé afin d’évoquer le côté à la fois artificiel et naturel de la forêt landaise et du site d’Arjuzanx, en convoquant l’image de la Chaussée des Géants, célèbre formation volcanique située sur la côte d’Irlande du Nord et constituée d’environ 40.000 colonnes basaltiques verticales.
L’oeuvre (qui portait le numéro 16), probablement la plus populaire, s’inscrivait dans le parcours départemental de la Forêt d’art contemporain qui comprend à ce jour pas moins de 27 créations artistiques et lieux à découvrir sur l’ensemble du territoire autour d’un itinéraire régional que l’on peut découvrir dans un document de synthèse téléchargeable sur le site : www.laforetdartcontemporain.com
Une dizaine de projets sont en cours pour augmenter l’offre de tourisme de culture. (ils sont présentés par les communes dans lesquelles l’oeuvre doit être implantée). L’initiative date de 2009 et a pour mission de créer du lien en démocratisant l’art sur le périmètre du Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne, participer à l’éveil artistique et créer une collection unique.
Si dans certains cas des rénovations sont nécessaires et entreprises, toutes les productions répondent à la première des valeurs exigée par la charte transmise aux artistes en résidence : « s’inscrire dans la durée ». Visiblement, les Orgues des Landes, situées en dehors du PNR, pourtant présentées sur les réseaux sociaux par la Réserve d’Arjuzanx comme « une sculpture pérenne » (4/10/2016) n’étaient pas faites pour durer… Alors que toutes les œuvres de la Forêt d’art contemporain s’inscrivent dans le long terme, au grand bonheur des visiteurs curieux de sillonner les chemins des Landes à leur découverte, il semblerait qu’à Morcenx-la-Nouvelle on privilégie la politique culturelle de l’éphémère…





c'était la volonté de l'artiste Séverine Hubard de laisser la nature faire son travail et de ne pas essayer de "sauver" son oeuvre, rappelant que nul n'est immortel contrairement à ce que l'on imagine -ou espère- parfois...