N°57 : MORCENX AU RYTHME DE LA CIGALE
- La Nouvelle Morcenx
- 18 mai 2025
- 3 min de lecture

Elle vit de quatre à six semaines seulement, elle chante tout l’été et quand la bise fut venue…
A Morcenx, la Cigale a plus de 140 ans et participe à l’animation estivale de la cité mais pas que…
Retour sur une belle histoire du patrimoine culturel local.
Nous sommes le 31 mai 1883. Le Conseil municipal vote une subvention de 200 francs à la Société Musicale de Morcenx afin qu’elle puisse faire face aux frais de fonctionnement « considérant qu’il est avantageux pour tous de favoriser le développement d’une création aussi utile que morale… ». En fait, les élus républicains, par cette décision, participent au développement Morcenx dont l’idée de transférer le pôle d’attractivité administratif du Bourg au quartier de la Gare a été prise dès 1881 avec notamment la construction d’un groupe scolaire et d’une nouvelle mairie qui seront opérationnelles en 1886.
La Société musicale devient la Cigale de Morcenx et participe aux fêtes du centenaire des Etats-généraux en 1889. Pendant les année suivantes, le groupe participe à plusieurs concours et obtient le 1er prix d’honneur du grand concours national d’orphéons, harmonies et fanfares à Tarbes.
Sous la mandature d’Henri Malet, maire de Morcenx, une salle des fêtes est construite permettant à la Cigale d’y organiser ses répétitions. Autre fait majeur : la fin de la première guerre mondiale et la décision du Conseil municipal d’honorer les Poilus démobilisés en décidant d’organiser en 1919 un grand banquet. La commune consacre un budget conséquent mis à disposition d’un Comité d’anciens soldats. La fanfare est concernée par cette fête magistrale composée d’un repas « servi par les charmantes employées de chez Darroze, hôtel-restaurant réputé, situé avenue de Solférino presqu’en face de la gare » (Courmailleau, 1999) et d’un bal.
La même année, la Société musicale devient harmonie municipale avec une subvention de 1300 francs permettant de rémunérer le chef de musique, le sous-chef et le professeur de clique. Elle participe désormais aux commémorations officielles. Chaque année, la Cigale développe son encrage dans la cité et les Conseils municipaux successifs confirment leur soutien. En 1926, la subvention annuelle est de 4000 francs.
La Cigale décide le 19 décembre 1929 de devenir une association type loi 1901 avec l’objet suivant : « favoriser, développer et entretenir le goût de la musique par l’organisation régulière de cours de solfège, d’enseignement et de perfectionnement instrumental ».
Au début des années 30, la situation économique étant précaire avec notamment des défaillances dans le milieu du gemmage, la commune limite ses aides aux associations. Le nouveau maire Léon Brouste souhaite dynamiser sa ville mais le second conflit mondial vient mettre à mal cet enthousiasme et la parenthèse de l’occupation mettra même le maire désigné Léon Naureils à la présidence de la Cigale. Il faut attendre la victoire du 8 mai 1945 pour que les fêtes locales reprennent. On construit même un kiosque à musique fixe au coeur de la ville.
En 1950, l’Harmonie Municipale renforce ses activités locales en proposant aussi des spectacles variés comme des soirées théâtrales, des soirées-casino, du cirque et des concerts de vedettes nationales du moment. La Cigale fête aussi ses 70 ans au buffet de la gare autour d’un repas traditionnel.
En 1957, le festival départemental de musique est organisé à Morcenx et attire des milliers de participants.
En 1980, à l’occasion du jumelage avec Hégenheim, la Cigale est au coeur des festivités et d’un grand spectacle musical.
Aujourd’hui, l’association propose une harmonie et une banda intitulée Los Alegrios.
En 1995, l’école de musique (devenue antenne du Conservatoire des Landes) bénéficie d’un local de 280m2 (ancien dispensaire) dans lequel les musiciens entreposent leurs instruments, les costumes…
En résumé, depuis sa création en 1929 la Cigale a vu passer près d’un millier de musiciens dont certains sont devenus célèbres et ont fait une carrière professionnelle. Le répertoire joué est digne de celui d’orchestres prestigieux, le palmarès accumulé comprend plusieurs victoires nationales.





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