N°48 : QUAND LES CHEMINS DE FER OFFRAIENT L'ÉCOLE
- La Nouvelle Morcenx
- 9 mars 2025
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Evoquer la vie scolaire à Morcenx, c’est commencer par faire un focus sur une période révolue, celle des écoles de la Compagnie des chemins de fer du Midi, ouvertes de 1864 à 1922, soit dix-sept ans avant les lois de Jules Ferry qui rendent l'enseignement primaire gratuit, laïque et obligatoire pour tous les enfants âgés de 6 à 13 ans. Lorsque les frères Pereire, directeurs de la Compagnie, décident en 1854 de choisir Morcenx comme lieu d’implantation de leur activité sur la ligne Bordeaux-Bayonne, il faut convaincre les employés, et notamment ceux qui ont de jeunes enfants, de venir s’établir dans « le désert ».
A l’occasion de la création de la ville nouvelle sont prévus des quartiers ouvriers, des usines, une banque… et deux écoles, une pour les filles, une pour les garçons, séparées par une chapelle. En prenant cette décision, les initiateurs fidélisent les ouvriers tout en participant de manière philanthropique au développement de l’enseignement (les frères Pereire sont saint-simoniens. Doctrine économique et sociale qui préconise l’amélioration du sort des plus nombreux). Plus de 250 enfants y sont scolarisés. Réservées et gratuites pour les enfants des salariés de la Compagnie, les écoles acceptent aussi les autres enfants de la commune nouvelle contre le paiement de 2 francs par mois (40 sous). En 1880, un certain Ferdinand Bernède y est même scolarisé. Ces écoles connaissent un grand succès pédagogique. L’enseignement y est reconnu pour sa qualité. Il faut dire que le personnel enseignant est renommé et que les activités programmées constituent un complément pluridisciplinaire exceptionnel pour l’époque.
Dans un article publié en 2001 par Philippe Guillaumie, on peut lire : « On y trouvait un musée scolaire et une bibliothèque, on y apprenait des éléments de physique et de chimie dans un laboratoire; dans un jardin aménagé on y suivait des leçons de cultures maraîchères art de l’arboriculture, on s’y familiarisait avec la sténo; on y faisait de la gymnastique; on y travaillait le fer ou le bois dans des ateliers de bricolage ». Les écoles deviennent à ce point célèbres que Sadi Carnot, le Président de la République, remet les palmes académiques au directeur M.Descombes sur les quais de la gare de Morcenx le 24 mai 1891. Quelques années auparavant, en 1882, avec la loi Ferry qui impose la création d’une école publique par commune, le Conseil Général des Landes indique que, même si « à première vue la dépense peut paraître considérable », il faut créer une école devant l’accroissement de la population et s’inspirer des « écoles modernes de la Compagnie ». La courbe démographique s’accentue avec le transfert en 1886 du centre administratif de Morcenx-Bourg à Morcenx-gare (la mairie et la justice de paix sont accueillies dans le groupe scolaire) et en 1888 avec le nouveau statut de chef lieu de canton. C’est l’architecte Cyprien Gellibert qui doit livrer les nouveaux bâtiments pour la rentrée 1884. Les filles au Nord sont séparées des garçons au Sud.
En 1921, la Compagnie annonce au Maire la fermeture des écoles libres qui « ne répondent plus aux besoins pour lesquels elles avaient été créées ». La municipalité décide de confier à l’architecte Albert Pommade la réalisation de salles supplémentaires et de créer une école maternelle à proximité. Les écoles occupent ainsi une place centrale de part et d’autre de l’église Saint-Vincent de Paul dans des bâtiments qui seront ensuite progressivement occupés par divers services administratifs.
Pendant la seconde guerre mondiale, les travaux d’agrandissement sont stoppés. Après-guerre, il faut faire face à l’arrivée des enfants du baby-boom. Un bâtiment de cours complémentaire est construit en 1950, le dispensaire accueille les élèves des CP1 et CP2 tandis que les enfants nés dans les années 40 sont scolarisés dans la salle de la Bourse.
Aujourd’hui, nos 6 écoles élémentaires voient leurs effectifs baisser chaque nouvelle rentrée scolaire avec des fermetures de classes. Dans le même temps, certains parents regrettent l’absence d’une école privée non confessionnelle sur la commune. Dossier à suivre…





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