N°31 : LE TUEUR A LA HACHE D'ARJUZANX
- La Nouvelle Morcenx
- 3 nov. 2024
- 2 min de lecture

Partie 2 : les aveux tardifs et l’exécution
Il est 3 heures du matin ce lundi 26 janvier 1852. Le concierge réveille Macque et le mène au parloir où l’attendent l’abbé, le commissaire de police, un colis-greffier, le brigadier de gendarmerie, le maréchal-des-logis et deux exécuteurs. Macque comprend « Comment ! c’est aujourd’hui qu’on va me couper le cou ? » et manifeste son regret de ne pas revoir ses parents. La gazette des Tribunaux raconte : « Il s’habilla, se livra à de nombreuses ablutions, se parant comme il eut pu le faire pour aller assister à une fête et réunit avec soin dans un paquet tous les effets qu’il ne pouvait porter sur lui. Il demanda à prendre des aliments, mangea quelques bouchées, but quelques verres de vin, un petit verre d’eau-de-vie et déclaré qu’il était prêt à partir… Macque ne laissa pas percer sa physionomie… Sa figure était telle qu’elle était pendant les débats de la Cour d’assises, un masque inerte qui ne permet jamais à la pensée de venir s’y refléter ».
A 4h30, le triste cortège se met en route pour Arjuzanx. A 10h, c’est l’arrivée. Pendant ce temps, une foule se presse autour de l’échafaud dressé sur une estrade par 3 employés. Toujours d’après la Gazette des Tribunaux : « Ce n’était pas une vulgaire et cruelle curiosité qui avait attiré la foule, c’était un besoin bien senti de s’assurer de l’accomplissement de l’arrêt dont la rigueur avait donné satisfaction à des voeux unanimes ». Macque demande qu’on le laisse vivre jusqu’à quatorze heures afin qu’il puisse manger une saucisse. Les exécuteurs le prennent pour la toilette fatale. Les mains attachés dans le dos, il finit son repas. Midi trente : Macque se présente à pied devant l’échafaud et monte les marches avec l’abbé. Tous deux s’agenouillent. Macque baise une dernière fois le christ et s’adresse à la foule, alors qu’on l’attache à la planche, pour prendre exemple sur lui, de ne pas faire comme lui. L’abbé accompagne la dépouille sanglante à la fosse commune.
Au moment de monter sur l'échafaud le malheureux s'est avoué l'auteur d'un crime antérieur pour lequel trois jeunes d’Arjuzanx (les frères Loubère et un nommé Bruzocq) avaient été poursuivies et n'avaient été acquités qu'à une voix de majorité. Il s'agissait là de l'horrible assassinat en septembre 1850 sur la personne d'un nommé Fourcet dit Pater, tué de cinq coups de hache, en sortant à une heure peu avancée de la soirée d'une auberge où il avait passé la journée. On su que Macque avait passé la soirée avec Fourcet le jour de sa mort tragique. Les instructeurs étaient persuadés de la culpabilité de Macque mais ce dernier refuse de reconnaître le crime jusqu’à la dernière minute où il précise « qu’il avait commis, seul et sans aucun complice, l’assassinat de Fourcet ».
Ce fait-divers a longtemps marqué les esprits pour son caractère sordide, pour ses rebondissements judiciaires et sa conclusion, puisque ce sera la dernière exécution capitale en place d’Arjuzanx.





Commentaires