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N°30 : LE TUEUR A LA HACHE D'ARJUZANX


Partie 1 : les faits et le procès



Dans la nuit du 15 au 16 septembre 1851 à la ferme de Milianah (ou Miliana), un couple et leurs trois enfants furent violemment frappées à la hache. C’est la fille cadette Catherine qui, ensanglantée et épuisée, alerte les voisins qui découvrent la scène du crime : le père M.Manciet, exploitant agricole, gît à cinquante mètres de la bergerie, le reste de la famille se trouve à l’intérieur. Marie la maîtresse des lieux, Victoire 12 ans et Pouton 11 ans sont blessés mais survivants. Dans un article publié par les amis du Brassenx, Georges Fanuel, s’appuyant sur le récit des victimes, raconte : « Au crépuscule, on toque à la porte. Marie Manciet, seule avec les trois enfants, ouvre sans méfiance. Dans la région, une longue tradition d’hospitalité fait que l’on accueille volontiers un voisin ou un voyageur en quête d’assistance.  C’est un homme jeune, parlant le patois local, qui se présente à elle. Il prétend venir de Labouheyre, demande un verre d’eau en expliquant qu’il est à la recherche d’une vache égarée. Comme la nuit tombe et que son époux tarde, elle prépare le souper et le convie à le partager avec eux. Alors qu’elle débarrasse la table, l’étranger s’empare d’une hache à sa portée et en assène froidement des coups violents à son hôtesse et aux enfants. Indifférent aux gémissements et au sang, notre homme fracture deux armoires à la recherche de quelques francs. Marie, en dépit de ses blessures, parvient à se traîner dehors au moment même où son époux revient de la foire de Labouheyre à cheval. Alerté par le voix de M.Manciet, le forcené, hache à la main, court vers lui, le jette à terre, le massacre et s’acharne sur son cadavre qu’il fouille… Son forfait accompli, il repart flegmatiquement, vers la maison, récupère son bâton de voyage et s’éloigne dans la nuit, sans état d’âme ni regard sur la boucherie effroyable qu’il laisse derrière lui ».

Tandis que les secours s’organisent, le Juge de Paix d’Arjuzanx et la maréchaussée se rendent sur les lieux. Le lendemain, c’est au tour des magistrats de Mont-de-Marsan. La population est en état de choc, il faut rapidement retrouver le coupable. Le surlendemain, la rumeur désigne un certain Etienne Macque, pasteur de 24 ans, né et domicilié à Arjuzanx. Il sera confondu et arrêté suite à trois éléments : son incapacité à expliquer pourquoi il lui aura fallu huit heures (au lieu de 3) pour effectuer un trajet entre son domicile et Labouhyere, son comportement surexcité devant ses compagnons et enfin son abandon du troupeau au retour chez lui pour aller dormir dans un parc. Il est arrêté et malgré des alibis contradictoires, refuse de passer aux aveux devant le juge de paix et les magistrats. Conduit sur les lieux du meurtre, il est aussitôt reconnu par les victimes. Il n’a plus le choix, il avoue et raconte toute la scène au brigadier de gendarmerie présent. Il explique être parti de chez lui vers cinq heures de l’après-midi, confirme le récit fait par les victimes, explique qu’il n’a pas trouvé d’argent à l’exception de 50 centimes dérobés dans une bourse que possédait le père Manciet sur lui.


Le 5 novembre 1851, le procès d’Etienne Macque se tient à la Cour d’Assise des Landes à Mont-de-Marsan pour meurtre, vol et tentatives de meurtre. En une seule journée le verdict sera connu. Il faut dire que l’accusé est décrit comme « la bête humaine » par les médias : « un vigoureux garçon, porteur d’un physique à dérouter tous les physiologistes passés, présents et futurs ». L’attitude de l’accusé indispose jury et auditoire : il est indifférent aux faits énumérés, dédaigneux même à l’égard des victimes et sans aucun remord. M.Dupeyre, le procureur de la République réclame une sentence exemplaire. Même l’avocat de Macque, Maître Suverbie trouve difficilement les mots pour défendre son client. Le soir même à six heures, Macque est condamné à la peine capitale après que le jury ait répondu aux 23 questions du dossier d’accusation. L’homme n’a aucune émotion. Il se pourvoit en Cassation mais la Cour rejette sa demande. Il demande une grâce qui ne sera pas examinée avant l’exécution prévue le 26 janvier 1852. Pendant son incarcération, le détenu est accompagné par l’abbé Pailhes, aumônier des prisons. Le samedi 24 janvier, une messe spéciale est célébrée pour lui administrer le Saint Viatique. Le lendemain son avocat obtient de l’administration la possibilité d’informer son client le plus tardivement possible de son exécution.


(photo : la maison du crime)





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