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N°115 : L'HISTOIRE DU LAVOIR DE MORCENX

il y a 15 heures
2 min de lecture

Un témoin précieux de l'essor ferroviaire, de la vie sociale et de l'évolution sanitaire de la Haute Lande.


Situé avenue Nelson Gaston, entre la Place de la Liberté et le quartier du Moré, le lavoir municipal est le plus ancien édifice de ce type préservé à Morcenx. Plus qu'un simple ouvrage utilitaire dédié au lavage du linge, ce bâtiment incarne la métamorphose de la commune au XIXᵉ siècle, passée de village rural à une cité ferroviaire en plein essor.


Dans la seconde moitié du XIXᵉ siècle, le développement du chemin de fer attire de nombreuses familles d'ouvriers et de cheminots qui s'implantent autour de la nouvelle gare. Cependant, le quartier manque d'eau : la commune ne possède ni source naturelle ni cours d'eau à proximité directe de ce centre névralgique. La corvée d'eau et de lessive devient vite un problème d'hygiène et de santé publique pour les foyers.


En 1871, Isaac Seba -limonadier de la gare et conseiller municipal - prend la parole au conseil pour alerter sur cette urgence et proposer la création d'un point d'eau public adapté. Le projet est validé et les travaux s'achèvent en 1879.


L'approvisionnement en eau du lavoir a connu deux grandes étapes :

1879 (Eau de ruissellement) : À son inauguration, le lavoir est alimenté par un fossé de drainage collectant les eaux de pluie qui s'écoulent du sud du quartier de la gare. Le surplus d'eau s'évacue vers la lagune naturelle du Moré (l'actuel étang du Moré). Bien que sommaire, ce système apporte un soulagement immense aux lavandières.

1947 (Raccordement à l'eau potable) : Après la Seconde Guerre mondiale, l'évolution des normes de salubrité publique rend l'eau de ruissellement obsolète. Grâce à la construction du château d'eau de la rue du Docteur Roux en 1947, le lavoir est raccordé au réseau potable de la ville, garantissant dès lors un remplissage à l'eau claire et hygiénique.


Avant l'apparition de l'eau courante dans les foyers et la généralisation des machines à laver, le lavoir constituait un lieu de sociabilité fondamental.


Chaque semaine, les femmes du quartier et les épouses de cheminots s'y rassemblaient pour accomplir un travail pénible. Entre le bruit des battoirs et le frottement du linge, le lavoir devenait un espace d'échange d'informations, de potins et de solidarité populaire.


Si son rôle fonctionnel a décliné au cours du XXᵉ siècle, la municipalité s'est attachée à préserver, entretenir et restaurer régulièrement cet édifice.


Aujourd'hui, le lavoir de l'avenue Nelson Gaston est préservé comme la borne centrale du Circuit du Patrimoine et des Lavoirs du Pays Morcenais, une boucle culturelle et touristique de 105 km. Il permet aux habitants et aux visiteurs de redécouvrir l'histoire ferroviaire local, l'architecture traditionnelle landaise et la mémoire du travail des lavandières.

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