N°105 : JEAN DESCORPS, PIONNIER DE LA MUNICIPALITÉ MORCENAISE
- La Nouvelle Morcenx
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L'histoire moderne des communes françaises s'est écrite dans le tumulte de 1790. Lorsque l'Assemblée constituante abolit les anciennes paroisses pour poser les bases du découpage administratif républicain, la petite communauté des Landes de Gascogne voit émerger sa toute première municipalité. À sa tête se dresse un homme de consensus et de devoir : Jean Descorps, premier maire de Morcenx (il y aura ensuite 19 maires ou administrateurs principaux différents dirigeant la commune depuis ce premier mandat).
Un notable pétri de culture dans une Grande Lande rurale
Bien avant les événements révolutionnaires, la famille Descorps figure parmi les lignées de notables et de propriétaires fonciers solidement ancrées dans la baronnie du Brassenx, le territoire historique encadrant Morcenx. Au XVIIIᵉ siècle, dans une société rurale régie par l'Ancien Régime, la famille gère un patrimoine constitué de métairies, de terres agricoles et de réserves de bois.
Au-delà de la fortune foncière, c'est l'instruction de Jean Descorps qui scelle son destin politique. Dans une Grande Lande alors très majoritairement analphabète et de langue gasconne, sa maîtrise parfaite du français et de l'écrit représente un privilège exceptionnel. Ce savoir en fait l'intermédiaire naturel entre la population locale et les nouvelles institutions du pays.
1790–1792 : Les défis d'un village naissant
Désigné en 1790 par les « citoyens actifs » du village, Jean Descorps prend les rênes d'une commune bien différente de celle que nous connaissons aujourd'hui. Le Morcenx de 1790 se résume à un bourg modeste et précaire, concentré autour de l'église Saint-Pierre. Le quartier de la Gare, futur poumon économique de la ville, n'existe pas encore et ne verra le jour que 65 ans plus tard avec l'arrivée du chemin de fer. Le paysage est alors dominé par de vastes landes rases et marécageuses où pèsent les enjeux du pastoralisme et du parcours des troupeaux de moutons.
Pendant son mandat, Jean Descorps essuie les plâtres d'une administration municipale vierge de tout historique : il pose les jalons du premier cadastre et dresse les premiers rôles d'impôts de la commune (en feuilletant les pages du registre de l'année 1790 ou 1791, vous pourrez observer la transition entre les écritures du curé de la paroisse et les premières formules républicaines rédigées et signées de la main du maire), il gère la conscription militaire et les levées d'hommes ordonnées pour soutenir les armées de la République, il administre les biens communaux et réglemente l'usage des espaces pastoraux.
L'empreinte d'une dynastie sur le pouvoir local
L'élection de Jean Descorps marque le début d'un ancrage familial de plus d'un demi-siècle à la tête de la commune. La famille Descorps accompagne ainsi Morcenx à travers les grandes mutations politiques de la France du XIXᵉ siècle. Jean-Baptiste Descorps, fils ou proche parent du premier maire, reprend le flambeau sous le Consulat et le Premier Empire en exerçant la charge de maire de 1800 à 1815. Jean-Baptiste Descorps (fils) prend la direction de la municipalité sous la Deuxième République, de 1848 à 1852.
Ce dernier mandat s'achève au seuil d'une bascule majeure : la plantation massive du massif forestier des Landes de Gascogne et le coup d'envoi des travaux ferroviaires, métamorphosant à jamais le visage de Morcenx.





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