UNE ARDOISE EFFACÉE DE 56.322€ : LE MAUVAIS SIGNAL

C’est une décision qui ne manque pas d’interroger sur la gestion des finances locales. Le conseil municipal a voté l’effacement d’une dette s’élevant à 56.322,51 euros, correspondant à pas moins de 1.813 factures impayées accumulées depuis 2014 par environ une centaine d’administrés. Ces créances non recouvrées touchent des services du quotidien indispensables : l’eau, la restauration scolaire ou encore le périscolaire. Pourtant, deux agents de la collectivité sont affectés à ces démarches de recouvrement.
Mais face à l’accumulation des retards et à l’incurie des procédures au fil des ans, le Trésor public a fini par recommander l’abandon des poursuites. Une décision subie et contrainte, qui met en lumière les failles d'un suivi budgétaire au long cours : comment a-t-on pu laisser s'accumuler plus de 1.800 factures non honorées pendant une décennie entière sans réussir à enrayer le phénomène plus tôt ? Pour l’immense majorité des ménages morcenais qui s’acquittent rigoureusement et dans les temps de leurs factures — parfois au prix de véritables sacrifices financiers —, cet effacement pur et simple risque de passer pour une injustice criante. Abandonner les poursuites risque d'envoyer un message d'impunité à ceux qui abusent sciemment du système, tout en décourageant les contribuables de bonne foi. Les élus LNM ne confondent évidemment pas la détresse sociale légitime — qui doit être prise en charge par les aides adéquates du CCAS — et l'incivisme budgétaire.
Il est urgent de mettre en place une politique d'alerte précoce et de suivi rigoureux des impayés afin de ne plus jamais placer la commune devant le fait accompli et de garantir l'équité de traitement entre tous les habitants.





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