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UN CHÈQUE EN BLANC DE 1,7 MILLION POUR LE PÔLE D'ÉCHANGE MULTIMODAL ?

il y a 1 jour
3 min de lecture



Lors du conseil municipal du 17 septembre, l’exécutif a soumis au vote une proposition de convention de financement avec la Région concernant le projet de « Pôle d’échanges multimodal de la gare de Morcenx ». Cette délibération aurait sans nul doute recueilli l’approbation unanime des élus si elle n’avait pas devancé la présentation même du projet aux conseillers et aux habitants. La première adjointe s'est contentée d'égrener le calendrier des opérations depuis le lancement des études sous le mandat précédent, tout en concédant que le projet n’est toujours pas finalisé et que le comité de pilotage poursuit ses travaux avec des cabinets d'architectes de Bordeaux et de Barcelone.


Une méthode et un calendrier contestés


Fabrice Lachenmaier, s’exprimant au nom du groupe LNM, revient en détail sur cette délibération : « Comment peut-on demander au conseil municipal de s'engager sur un projet d'aménagement d'une telle ampleur (2,42 M€ HT) alors qu'aucun document technique complet, aucun plan de masse précis ni aucune présentation détaillée n'ont été soumis au préalable aux élus ? Pourquoi cette délibération intervient-elle avant la présentation formelle et globale du projet à l'assemblée ? » Une précipitation d'autant plus surprenante que les membres de la commission Travaux, réunis le 27 mai dernier, restaient dans l'attente d'éléments concrets. Comme le rappelait leur procès-verbal :« L’avant-projet sommaire devait être présenté fin juin », « Dès l’avant-projet prêt, des réunions d’information de la population seront organisées. » Pourtant, depuis le 27 mai, la commission ne s’est pas réunie une seule fois et aucune information complémentaire n’a été transmise ».


Incertitudes financières et risques budgétaires


Au-delà de la méthode, c'est le plan de financement qui suscite de vives inquiétudes. La délibération prévoit que la commune prenne à sa charge 70 % du coût total, soit 1 695 000 € HT. Pourtant, l'article 5 de la convention précise que le comité de suivi associe le Département des Landes, l'État, la Communauté de communes du Pays Morcenais et SNCF Gares & Connexions. Pourquoi aucun d'entre eux ne figure-t-il au plan de financement à ce stade ? Tout simplement parce que les accords de principe n'ont pas encore été obtenus. Cette incertitude soulève des questions fondamentales pour les finances locales : de quels leviers financiers ou de quelle capacité d'autofinancement la commune dispose-t-elle pour assumer 1,7 million d'euros HT sur les prochains exercices budgétaires, sans augmenter la fiscalité locale ni recourir à un endettement excessif ?


Dépassements de coûts et trésorerie : qui paiera la note ?


D'autres points d'ombre entourent l'exécution financière du chantier : Le budget de 2,42 M€ HT repose sur de simples études préliminaires. Face à la hausse des coûts des matériaux de BTP, qui supportera la facture si les appels d'offres dépassent les estimations ? La commune devra-t-elle éponger seule 100 % des surcoûts, sachant que la Région ne s'engage pas à abonder automatiquement en cas de dépassement. La Région ne versera qu'une avance de 15 % au démarrage. Comment la commune va-t-elle financer le roulement de trésorerie nécessaire pour payer les entreprises tout au long des 30 mois de chantier ?


« Un problème de timing et de transparence »


En conclusion, LNM rappelle sa position : « Nous ne sommes pas opposés au développement des mobilités douces ni à la modernisation de la gare de Morcenx-la-Nouvelle. En revanche, nous ne pouvons pas signer un chèque en blanc de 1,7 million d'euros HT sur les deniers communaux pour un projet dont les visuels et le détail technique ne nous ont pas été présentés, et dont le plan de financement ne sollicite pour l'instant aucun autre partenaire que la Région. C’est avant tout un problème de timing et de transparence dans la prise de décision. »

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