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RESTAURANT CATACHOT : LE PUITS SANS FOND DES DENIERS PUBLICS ?

4 juil.
3 min de lecture

Au 21 juin 2024, nous avions arrêté le compteur de l’investissement réalisé pour le chantier du restaurant du CATACHOT à Arjuzanx à la modique somme de 1.612.173 euros. Rappelons que cet investissement a été réalisé à 100 % avec de l’argent public. Nous avons à cette occasion publié un dossier complet de 89 pages répertoriant tous les documents comptables à notre disposition pour attester de ces dépenses que nombre de Morcenais jugent, à juste titre, disproportionnées. Avec le loyer prévu, il faudrait un siècle pour que la collectivité réalise un retour sur son investissement initial.


Deux ans d’exploitation plus tard… Le restaurant fonctionne correctement si l’on en croit les posts régulièrement publiés sur les réseaux sociaux. Son gérant est d'ailleurs devenu, en mars 2026, conseiller municipal élu sur la liste du Maire — ce dernier étant par ailleurs président du syndicat mixte, propriétaire des murs du restaurant.


Est-ce une raison pour demander à la collectivité d’engager de nouveaux travaux structurels sur le bâtiment ? Il faut croire que oui puisque le 1er juin 2026, le Maire a commandé une étude (16.250 euros HT) en vue de réaliser une extension des locaux techniques du restaurant, évaluée à 130.000 euros HT. Inutile de préciser que ces dépenses seront à nouveau financées à 100 % par l’argent du contribuable ! En y ajoutant les frais d'étude, la facture totale pour ce seul établissement frôle désormais l'effarant sommet de 1,8 million d'euros publics.


Une rupture d'équité flagrante avec les commerçants locaux


Si le restaurant fonctionne bien, pourquoi est-ce encore à la collectivité de payer pour sa croissance ? Dans le monde réel de l'économie, n'importe quel commerçant indépendant du centre-ville de Morcenx ou des communes alentour doit contracter des emprunts bancaires lourds et hypothéquer ses propres biens lorsqu'il souhaite agrandir sa cuisine ou sa réserve.

Au Catachot, le modèle est plus confortable : le contribuable assume 100 % des risques et des investissements. Ce traitement de faveur permanent pose un problème d’équité flagrant vis-à-vis du tissu économique local qui ne bénéficie pas de telles largesses publiques. De plus, la situation interroge sur le plan éthique : le gérant, désormais membre de la majorité municipale, se retrouve dans une position inconfortable de juge et partie, au cœur d’un entre-soi politique et financier regrettable.


La politique des choix : l'urgence des priorités publiques


Ces 146.250 euros HT (étude incluse) ne sont pas des lignes budgétaires abstraites. C’est de l'argent concret, qui ne sera pas utilisé là où les Morcenais en ont véritablement besoin au quotidien.

À l'heure où les budgets locaux se resserrent et où l'on demande des efforts à chacun, cet argent représente le coût de la rénovation d’une classe d'école, de la réfection de plusieurs kilomètres de voirie dégradée, ou du maintien de subventions pour les associations locales qui se serrent la ceinture. Est-il socialement et politiquement justifiable de prioriser l'extension technique d'un restaurant au détriment de l'entretien de notre patrimoine commun et de nos services de proximité ?

En acceptant de financer les extensions sur fonds publics dès que l'activité grandit, les élus créent un précédent dangereux. Quelle sera la prochaine étape financée par le citoyen ? Une terrasse bioclimatique ? Une refonte de la décoration ?

Que le Catachot fonctionne est une bonne chose pour l'animation du site, mais il est temps qu'il vole de ses propres ailes. Si l'établissement a besoin de s'agrandir pour répondre à son succès, qu'il finance sa croissance sur ses propres bénéfices ou par un emprunt privé, comme le fait n'importe quelle entreprise. L'argent des Morcenais doit retourner aux Morcenais.

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