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PHOTOVOLTAIQUE : POURQUOI ÇA COINCE ?

23 juin
2 min de lecture


16 juin 2026 : la préfecture des Landes refuse la demande d’autorisation environnementale pour le projet de centrale photovoltaïque d’Arengosse.


Alors que la commune voyait dans l'énergie solaire une bouffée d'oxygène pour ses finances locales après la tempête Klaus, le projet voisin d'Arjuzanx avait déjà subi un coup d'arrêt brutal de la part des autorités environnementales. Une mise en parallèle qui illustre parfaitement la complexité d'allier transition écologique et préservation de la biodiversité.


L’histoire du projet d’Arengosse commence il y a plus de quinze ans. En 2009, la tempête Klaus ravageait la région, laissant plusieurs massifs forestiers totalement en friche. Pour la municipalité, l'opportunité était alors idéale : valoriser ces terrains sinistrés en s'engageant dans un projet de centrale photovoltaïque. À la clé, un loyer annuel estimé de 120.000 euros promis par l'opérateur Valorem. Une somme cruciale pour cette petite commune dont les investissements industriels sont quasi-inexistants.


« C'est un coup très dur. Nous avons des projets, des biens communaux qui vieillissent et on n'a pas les moyens de les entretenir correctement. C'était un loyer… qu’on espérait toucher pendant trente ans donc il faut que l'on revoie nos plans. Si on replante des pins sur ces hectares, on ne va toucher la première éclaircie que dans 15 ans… On n'a pas d'industrie, on n'a rien et nos villages meurent, on perd des habitants, on ne veut pas devenir juste la ville dortoir, on veut un village qui vit. Ca fait 16 ans que la commune se bat pour ça…», confie Stéphane Salvary, le nouveau Maire, à ICI Gascogne.


Malheureusement, le projet s’est embourbé. Par deux fois, le permis de construire est arrivé à expiration. Dix-sept ans après la naissance de l'idée, c’est aujourd’hui une autorisation environnementale délivrée par l’Etat qui fait défaut.


Si Arengosse s'essouffle face aux lenteurs administratives, le projet spécifique situé sur la commune voisine d'Arjuzanx – également mené par Valorem mais distinct du premier – s’était déjà heurté à un mur administratif. Le dossier a essuyé plusieurs avis défavorables et refus successifs de l'État, notamment sous l'impulsion du Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN).


Bien que distincts, les projets d'Arengosse et d'Arjuzanx partagent le même opérateur et se confrontent aux réalités du terrain : c’est le temps administratif, l’expiration des permis et la sanctuarisation de la biodiversité qui l'emportent sur l'ambition industrielle et bloquent la bouffée d'oxygène financière tant attendue par les élus ruraux. Ces deux dossiers mettent en lumière le grand paradoxe actuel de la transition énergétique : la difficulté de déployer des énergies renouvelables sans détruire, paradoxalement, les espaces naturels et les espèces que l'on cherche à protéger.

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