PERMIS DE LOUER : LES PROPRIÉTAIRES DANS L'IMPASSE FINANCIÈRE
- La Nouvelle Morcenx
- 13 mars 2025
- 3 min de lecture

Avec le recul, le Permis de louer n'a pas rempli ses objectifs. On vous explique pourquoi... Pas étonnant que seules 500 communes en France aient choisi cette réglementation dont Morcenx-la-Nouvelle qui, pour une fois, fait partie du palmarès !
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La promesse était belle : une transition énergétique accélérée, des logements mieux isolés, des factures allégées. Mais, pour des milliers de propriétaires, la réalité est tout autre. Rénover une passoire thermique est devenu un parcours semé d’embûches, où les aides insuffisantes, la complexité administrative et l’explosion des coûts laissent de nombreux ménages au bord du gouffre.
Ces passoires thermiques, souvent anciennes et mal entretenues, sont de véritables gouffres énergétiques. Le problème est structurel : pendant des décennies, l’isolation thermique n’a pas été une priorité dans la construction. Aujourd’hui, les propriétaires doivent rattraper ce retard à marche forcée, sous peine de voir leur bien devenir invendable ou interdit à la location.
La pression réglementaire s’intensifie. Depuis 2023, les logements les plus énergivores sont progressivement exclus du marché locatif (si vous avez un DPE classé G). Mais pour ceux qui voudraient entreprendre des travaux, le choc est brutal : les devis travaux, les artisans sont débordés et les délais s’allongent. Pire encore, les aides de l’État, censées alléger le coût des rénovations, s’avèrent largement insuffisantes face aux besoins réels.
Des aides inadaptées et un système kafkaïen
La promesse d’un accompagnement financier massif se heurte à une réalité bien différente. L’obtention d’une aide relève souvent du casse-tête. Les critères d’éligibilité sont stricts et les démarches fastidieuses. Beaucoup de propriétaires découvrent que leur projet ne rentre pas dans les cases imposées par l’administration. Entre les refus de dossier pour des motifs absurdes et les délais interminables, certains finissent par abandonner.
Le plafonnement des aides est un autre frein majeur. Au-delà de 30 000 euros de revenus annuels, les subventions diminuent drastiquement, rendant toute rénovation ambitieuse inaccessible pour les classes moyennes. Or, une rénovation énergétique complète peut facilement dépasser les 50 000 euros, surtout pour une maison ancienne. Ceux qui espéraient un soutien suffisant pour absorber ces coûts se retrouvent face à un mur.
Arnaques, inflation et manque d’artisans : un cocktail explosif
Le chaos qui entoure la rénovation énergétique attire aussi son lot d’escrocs. Les offres frauduleuses se multiplient, notamment autour des primes à un euro. Certains chantiers bâclés laissent des propriétaires avec des logements encore plus difficiles à chauffer. Le démarchage agressif persiste malgré les interdictions, et beaucoup tombent dans le piège d’entreprises peu scrupuleuses promettant des miracles.
En parallèle, la flambée des prix complique encore la donne. L’inflation a fait grimper le coût des matériaux et de la main-d’œuvre. Des propriétaires ayant obtenu des devis en début d’année se retrouvent contraints de tout recommencer, car les prix ont explosé entre-temps. Les artisans qualifiés, déjà en nombre insuffisant, sont submergés de demandes. Résultat : des chantiers reportés, des coûts qui s’envolent et une frustration grandissante.
Loin d’être une aide, le dispositif du permis de louer mis en place par l’État devient une source de blocage. Plutôt que d’accompagner efficacement les ménages dans la rénovation de leur logement, il les pousse à l’impasse financière. Tant que le système ne sera pas repensé pour répondre aux réalités du terrain, la transition énergétique restera un privilège réservé à ceux qui ont les moyens de payer, laissant les autres prisonniers de logements énergivores.
Une lumière au bout du tunnel ?
A priori, l’Etat conscient de ces difficultés envisagerait de déposer un nouveau projet de loi censé améliorer le permis de louer dès avril 2025.
2025 sera t-elle l’année de sortie de la crise du logement ?





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