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N°117 : MORCENX SOUS UNE MER TROPICALE

il y a 12 minutes
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À l'échelle des temps géologiques, le Miocène (une période qui s'étend d'environ -23 millions à -5 millions d'années) correspond à une époque fascinante où le paysage de Morcenx et de l'Aquitaine n'avait absolument rien à voir avec les forêts de pins d'aujourd'hui.

Pendant une grande partie du Miocène (notamment au Miocène inférieur et moyen, de -20 à -11 millions d'années), le Bassin d'Aquitaine est envahi par les eaux chaudes de l'océan Atlantique. Morcenx ne se trouvant pas loin du rivage de l'époque, la zone alterne, au fil des fluctuations marines, entre des mers peu profondes, de larges estuaires, des deltas fluviaux et des marécages littoraux.


Le climat est alors beaucoup plus chaud et humide qu'aujourd'hui, arborant un profil franchement subtropical à tropical. Les rivages sont bordés d'une végétation luxuriante rappelant les mangroves ou les forêts humides actuelles, composée de taxodiums (cyprès chauves), de lauriers et de palmiers au feuillage dense.


Sous les eaux lagunaires et côtières de l'actuel territoire morcenais nage une faune marine riche et exotique. Les sédiments calcaires et les faluns (dépôts de coquillages fossilisés) conservent les traces d'oursins, de coraux, de grands mollusques comme les turritelles et les pectens, mais aussi de prédateurs impressionnants. Les dents fossilisées retrouvées dans les couches néogènes régionales témoignent de la présence de grands requins ancêtres du mythique Mégalodon, de raies et de requins-taureaux.


Sur la terre ferme et aux abords des estuaires évolue une faune terrestre surprenante : des mammifères primitifs, ancêtres des rhinocéros, des mastodontes (cousins éloignés des éléphants), des tragulidés (petits chevrotains) et des crocodiliens profitant de la chaleur des eaux douces environnantes.


L'un des héritages les plus importants du Miocène à Morcenx est la formation de dépôts de lignite (un charbon de terre fossile). Des forêts marécageuses épaisses bordent alors les lagunes. Au fil des millénaires (durant le Tortonien, d'environ -11 à -9 millions d'années), les arbres abattus et la matière végétale accumulée au fond de ces zones humides s'enfoncent à l'abri de l’air. Recouverte progressivement par d'épaisses couches de sable et d'argiles ocres et rouges (la formation dite des « Glaises bigarrées »), cette masse de matière organique subit une lente carbonisation sans oxygène (fossilisation).

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