top of page

LA RESTAURATION EN CRISE DANS LE PAYS MORCENAIS


Après la fermeture du Family à Ousse, du Bistrot d’Ewen à Morcenx, c’est au tour de l’auberge Caule d’Onesse Laharie de baisser le rideau. Pourtant l’établissement communal a bénéficié de travaux conséquents et d’une inauguration en grande pompe en avril 2024. Après quelques mois seulement d’activité, la gérante jette l’éponge. Le Maire Frédéric Pradère en convient dans les colonnes de Sud Ouest : « l’équilibre économique de ce type de commerce reste fragile » (11/04/2026). C’est à se demander pourquoi les élus dépensent autant d’argent public dans des projets commerciaux, qui ne répondent à aucun besoin essentiel de service public et dont on sait qu’il sont voués à péricliter en quelques mois. Aujourd’hui en France, 20 établissements de restauration ferment chaque jour ! Le Pays morcenais n’échappe pas à cette statistique.


Au-delà de l'échec spécifique de l'Auberge Caule, c'est toute la stratégie de revitalisation rurale par le biais du "commerce subventionné" qui pose question. Si l'intention de maintenir une vie sociale au cœur de nos villages est louable, la réalité comptable est implacable. Entre l'inflation des matières premières, l'explosion des coûts de l'énergie et la difficulté croissante à recruter du personnel qualifié, le ticket d'entrée pour un restaurateur (même gérant d’un restaurant communal) est devenu un gouffre financier.


Si les mairies continuent de parier sur la restauration pour "sauver" l'animation des villages, elles risquent de se heurter à une succession de rideaux baissés et de baux précaires. Le cas de Morcenx et de ses environs n'est pas une exception, mais un avertissement. Plutôt que de s'acharner sur des modèles commerciaux fragiles, n'est-il pas temps pour les élus de repenser l'usage exclusif de l'argent public vers des services publics ?


À ce jour, les murs de l'Auberge Caule sont de nouveau silencieux, et avec eux, une partie des espoirs de dynamisme local s'envole, laissant derrière eux une ardoise que les contribuables, eux, devront continuer de solder.

Commentaires


bottom of page