LES JARDINS DE MORÉ : UN INVESTISSEMENT DE "POIDS" POUR DES RÉCOLTES "POIDS PLUME" ?
- La Nouvelle Morcenx
- il y a 2 jours
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Lancé avec ambition il y a plus de deux ans, le projet maraîcher de Morcenx-la-Nouvelle peine à convaincre. Entre valses de délibérations, coûts croissants pour les collectivités et une production qui semble pour l’instant se limiter à quelques salades, radis et pommes de terre, le dossier des « Jardins de Moré » interroge sur sa viabilité réelle.
Un imbroglio administratif et financier
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la genèse du projet n’a pas été un long fleuve tranquille. Pas moins de cinq délibérations en dix-huit mois ont été nécessaires pour tenter de stabiliser le cadre juridique et financier de l’opération. Initialement présenté comme une régie municipale, le projet a muté pour devenir un « espace test maraîcher » intégré au dispositif départemental ETAL 40.
Cette instabilité s'accompagne d'une inflation des coûts qui interpelle. Si les premières estimations de 2024 évoquaient un montant total d'environ 118.600 €, les chiffres ont rapidement évolué. En mai 2024, il était fait mention d'un investissement de 296.000 € pour le Département et 60.000 € pour la commune (hors subventions). Un engagement financier lourd pour les contribuables, surtout quand on sait que les aides d'État pour le bio ont été drastiquement réduites.
Des "vocations" qui se font attendre
Malgré ce déploiement de moyens, le projet semble souffrir d'un manque d'attractivité flagrant. Alors que le site est dimensionné pour accueillir deux maraîchers sur trois hectares (1,5 hectare chacun), la réalité du terrain est plus modeste. Un article de presse récent confirme qu'une place est toujours disponible à Morcenx-la-Nouvelle.
Comment expliquer que, malgré la mise à disposition de foncier et de matériel mutualisé, le dispositif peine à faire le plein ? L'ambition initiale de créer un « coup de pouce » à l'installation ressemble désormais à une structure dont la viabilité économique reste à prouver.
Une production à la portion congrue
Côté assiette, le bilan est tout aussi mitigé. La communication municipale s'est récemment félicitée de la "première récolte". Or, celle-ci se résume pour l'instant à quelques légumes. On est loin de l'objectif initial qui prévoyait que les fruits et légumes alimentent « principalement » le restaurant scolaire.
Ce terme de "principalement" a d'ailleurs été discrètement remplacé par "en partie" dans les discours officiels dès juin 2024. Pour l'heure, le projet ne semble pas encore en mesure de remplacer le marché public actuellement attribué à un fournisseur de Saint Géours de Marenne pour les produits bio de la cantine de Moré (montant : 24.265 euros).
Entre les annonces de "circuit ultra-court" et la réalité d'un site qui cherche encore ses exploitants et sa diversité de production, le fossé se creuse. Les « Jardins de Moré » illustrent la difficulté de transformer une intention politique en une réussite agricole et économique concrète. Pour l’instant, l’investissement public semble surtout avoir produit... beaucoup de papier.
Vous pouvez retrouver la production de Moré sur le marché du mercredi matin. Le Secours Populaire a également décidé d’acquérir quelques légumes pour les jours de distribution.





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