ILLETTRISME : ALERTE SUR LE PAYS MORCENAIS

Alors que le département des Landes figure parmi les élèves modèles face aux difficultés de lecture, la communauté de communes du Pays morcenais fait figure d'exception. Selon une étude récente de l’Insee Nouvelle-Aquitaine et de l’ANLCI (Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme), le territoire cumule les quatre grands facteurs de risque favorisant l’illettrisme.
Loin des grands centres urbains, l’illettrisme trouve un terrain d'ancrage particulièrement favorable au sein des espaces ruraux. En Nouvelle-Aquitaine, le constat dressé par l’Insee est sans appel : près de 4 adultes sans diplôme sur 10 éprouvent de sévères difficultés avec la lecture, l'écriture ou le calcul. Si le diplôme demeure le principal rempart contre cette vulnérabilité, le profil socio-économique des territoires joue un rôle déterminant dans le maintien et la perte des compétences de base.
Dans les Landes, le tableau général est plutôt rassurant. Avec seulement 9,2 % des jeunes testés lors de la Journée défense et citoyenneté (JDC) présentant des difficultés de lecture, le département se classe au 6ᵉ rang des plus préservés de France. Pourtant, une analyse à l'échelle des intercommunalités révèle une fracture locale nette.
Le Pays morcenais, un cumul singulier de fragilités
Au niveau régional, seules quatre communautés de communes conjuguent l'ensemble des indicateurs de risque : deux dans le Lot-et-Garonne, une en Dordogne, et une seule dans les Landes : le Pays morcenais.
Ce constat repose sur le croisement de quatre facteurs d'exposition : un niveau de diplôme en retrait (la part des résidents sans qualification y est particulièrement élevée), une précarité économique marquée (un taux de pauvreté dépassant les 14,6 %), un marché de l'emploi sous tension (un taux de chômage supérieur à 10,1 %), un facteur démographique et l'érosion des pratiques (la forte proportion d'habitants âgés de 50 à 64 ans favorise le phénomène d'érosion des compétences. En effet, l'absence de pratique régulière de l'écrit ou des mathématiques dans le cadre professionnel ou quotidien fragilise avec le temps les acquis scolaires).
Un enjeu de choix politiques et de priorités
La révélation de ces chiffres par l'Insee et l'ANLCI sonne comme une alerte pour l'avenir du territoire. Face à un enjeu aussi fondamental que l'accès aux savoirs de base et la lutte contre la marginalisation sociale, l'action locale ne peut plus se contenter de réponses parcellaires.
Nul doute qu'une mobilisation générale de l'ensemble des acteurs de proximité s'impose : le tissu associatif local, mais aussi en première ligne le réseau des médiathèques, formidable levier culturel et d'accompagnement au quotidien. Toutefois, cette dynamique collective restera vaine sans une prise de conscience et une volonté politique forte de la part des élus locaux. À l'heure des arbitrages budgétaires et des choix de gestion, la résorption de l'illettrisme exige de placer ce sujet ultra-sensible au cœur des priorités communautaires — quitte à assumer un recentrage des compétences et à délaisser des projets ou interventions plus secondaires, voire superfétatoires.





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